Article · 4 novembre 2026
Nuisances sonores en copropriété : trouble anormal de voisinage, horaires, règlement et rôle du syndic
En bref : le bruit entre voisins relève d'abord d'un litige entre occupants, mais le syndic doit faire respecter le règlement de copropriété. Rappel au règlement, mise en demeure, puis action du syndicat autorisée par l'assemblée : la réponse se gradue, et la tentative amiable reste obligatoire avant de saisir le juge.
Vérifié le 4 novembre 2026 : article 1253 du Code civil issu de la loi n° 2024-346 du 15 avril 2024, articles 9 et 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 55 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967, article 750-1 du Code de procédure civile, et fiche F612 de service-public.gouv.fr sur les bruits de voisinage.
Le cadre : trouble anormal de voisinage et bruits de comportement
Depuis la loi du 15 avril 2024, le principe jurisprudentiel du trouble anormal de voisinage figure à l'article 1253 du Code civil. Le propriétaire, le locataire, l'occupant sans titre, le maître d'ouvrage ou celui qui en exerce les pouvoirs, à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage, est responsable de plein droit du dommage qui en résulte. Aucune faute n'est à prouver : seul compte le caractère anormal du trouble.
Sur le terrain pénal, l'article R1336-5 du Code de la santé publique interdit tout bruit particulier qui, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porte atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, de jour comme de nuit. Le tapage nocturne relève de l'article R623-2 du Code pénal. Selon service-public.gouv.fr, l'amende forfaitaire est de 68 euros si elle est payée immédiatement ou dans les 45 jours, 180 euros au-delà, et l'amende peut atteindre 450 euros.
Les horaires et les bruits de travaux
Contrairement à une idée répandue, aucune plage horaire nationale ne fixe les heures de bricolage ou de travaux chez soi, en dehors de la notion de tapage nocturne, généralement associée à la période de 22 heures à 7 heures. Service-public.gouv.fr précise que le maire ou le préfet peut fixer des horaires par arrêté pour les travaux bruyants, tondeuse, perceuse ou tronçonneuse.
En copropriété, deux sources s'ajoutent : l'arrêté local applicable dans la commune et les clauses du règlement de copropriété, qui fixent parfois des créneaux plus stricts. Vérifiez aussi si les travaux touchent les parties communes et supposaient une autorisation de l'assemblée.
Le règlement de copropriété et l'article 9
L'article 9 de la loi du 10 juillet 1965 pose la règle de fond : chaque copropriétaire use et jouit librement des parties privatives et des parties communes, sous la condition de ne porter atteinte ni aux droits des autres copropriétaires ni à la destination de l'immeuble. Le règlement la précise souvent par des clauses de tranquillité ou de revêtements de sol.
Le remplacement d'une moquette par un parquet ou un carrelage est le cas d'école. Le revêtement de sol appartient en principe aux parties privatives, mais la modification peut dégrader l'isolation aux bruits d'impact pour le lot du dessous. Si le règlement impose une isolation phonique équivalente ou une autorisation préalable, la clause est opposable au copropriétaire ; à défaut, le voisin gêné peut agir sur le fondement de l'article 1253 si le trouble est anormal, ce que l'expertise acoustique permet souvent d'établir.
Ce que le syndic doit faire, et ses limites
L'article 18 de la loi de 1965 charge le syndic d'assurer l'exécution des dispositions du règlement de copropriété. Lorsqu'une clause est en cause, la réponse se construit par étapes :
- courrier de rappel au règlement, adressé au copropriétaire et, si le lot est loué, avec copie pour transmission au locataire ;
- mise en demeure par lettre recommandée citant la clause méconnue et les faits datés, en cas de persistance ;
- inscription à l'ordre du jour de l'assemblée d'une résolution autorisant le syndic à agir en justice au nom du syndicat contre le copropriétaire, et le cas échéant contre son locataire ;
- information du plaignant sur ses propres recours, car son action individuelle reste indépendante de celle du syndicat.
Autorisation de l'assemblée et recours entre voisins
Selon l'article 55 du décret du 17 mars 1967, le syndic ne peut agir en justice au nom du syndicat qu'avec l'autorisation de l'assemblée générale. Le même article prévoit des exceptions, parmi lesquelles le recouvrement de créances, les mesures conservatoires et les demandes relevant des pouvoirs du juge des référés. Depuis le décret n° 2019-650 du 27 juin 2019, seuls les copropriétaires peuvent se prévaloir d'un défaut d'autorisation.
Entre voisins, l'article 750-1 du Code de procédure civile impose, à peine d'irrecevabilité, une tentative préalable de conciliation par un conciliateur de justice, de médiation ou de procédure participative avant de saisir le tribunal pour une demande relative à un trouble anormal de voisinage, sauf exceptions prévues par le texte, comme l'urgence. Le conciliateur de justice est gratuit, rappelle service-public.gouv.fr.
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Questions fréquentes
Le syndic est-il obligé d'intervenir pour un bruit de voisinage ?
Il doit agir lorsque le bruit méconnaît une clause du règlement de copropriété, puisque l'article 18 de la loi de 1965 le charge d'en assurer l'exécution. Pour un conflit purement personnel sans clause en jeu, le recours relève surtout des voisins eux-mêmes.
Existe-t-il des horaires légaux pour faire des travaux en copropriété ?
Il n'existe pas d'horaire national. Les horaires sont fixés par arrêté municipal ou préfectoral, et le règlement de copropriété peut prévoir des créneaux plus restrictifs.
Un copropriétaire peut-il remplacer sa moquette par du parquet ?
Oui en principe, le revêtement étant privatif, sauf clause contraire du règlement. Si le changement aggrave les bruits d'impact au point de créer un trouble anormal, le voisin peut demander réparation ou travaux d'isolation sur le fondement de l'article 1253 du Code civil.
Faut-il passer par un conciliateur avant d'aller au tribunal ?
Oui pour une demande relative à un trouble anormal de voisinage : l'article 750-1 du Code de procédure civile impose une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative, sauf exceptions comme l'urgence.
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