Article · 2 novembre 2026
Copropriété horizontale : définition, application de la loi de 1965, travaux sur les maisons et alternative de l'ASL
En bref : une copropriété horizontale regroupe des maisons ou des parcelles privatives autour d'éléments communs, comme une voie, des réseaux ou des espaces verts. Sauf convention contraire créant une organisation dotée de la personnalité morale, la loi du 10 juillet 1965 s'y applique entièrement : syndic, assemblée générale, majorités et autorisation des travaux.
Les propriétaires de maisons se pensent souvent hors de la copropriété, jusqu'au jour où l'un d'eux veut agrandir, clôturer ou modifier sa façade. Vérifié le 2 novembre 2026 sur Légifrance : articles 1er, 3, 6-3, 17, 25, 26, 28 et 30 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 dans leur version en vigueur, et fiche F31513 de service-public.gouv.fr.
Ce que recouvre l'expression
Le terme de copropriété horizontale ne figure pas dans la loi. Il désigne, par opposition à l'immeuble collectif découpé en étages, un ensemble de constructions juxtaposées : maisons individuelles, pavillons mitoyens, garages ou ateliers, implantés sur un terrain dont une partie reste commune. Chaque lot comprend une partie privative, souvent la maison et parfois son terrain, et une quote-part de parties communes, indissociables selon l'article 1er I.
Les cas les plus fréquents : une grande maison divisée puis complétée par une seconde construction dans le jardin, un ensemble pavillonnaire vendu en lots de copropriété plutôt qu'en lotissement, ou une cour artisanale partagée entre plusieurs bâtiments.
Pourquoi la loi de 1965 s'applique
L'article 1er I soumet à la loi tout immeuble bâti ou groupe d'immeubles bâtis à usage total ou partiel d'habitation dont la propriété est répartie par lots. Le II l'étend, à défaut de convention y dérogeant expressément et mettant en place une organisation dotée de la personnalité morale, aux ensembles immobiliers qui, outre des terrains, des volumes, des aménagements et des services communs, comportent des parcelles ou des volumes, bâtis ou non, faisant l'objet de droits de propriété privatifs.
Concrètement, des maisons reliées par une voie privée et des réseaux communs relèvent du statut de la copropriété tant qu'aucune organisation dotée de la personnalité morale, en pratique une association syndicale, n'a été mise en place par convention. Le syndicat des copropriétaires naît alors de plein droit, avec ses obligations.
Les parties communes d'un ensemble de maisons
L'article 3 présume communs, à défaut de titre clair, le sol, les cours, parcs et jardins, les voies d'accès et les équipements communs. Dans une copropriété horizontale, le règlement de copropriété fixe donc tout : sol d'assiette des maisons commun ou privatif, jardins privatifs ou simplement à jouissance privative, réseaux, portail, éclairage.
La différence pèse lourd. Une partie commune à jouissance privative reste la propriété indivise de tous les copropriétaires ; selon l'article 6-3, le droit de jouissance est attaché au lot et ne peut jamais constituer une partie privative. Le jardin dont le propriétaire de la maison a l'usage exclusif peut ainsi rester juridiquement commun.
Les travaux sur les maisons
La plupart des litiges en copropriété horizontale portent sur des travaux. Les règles sont celles de tout immeuble en copropriété :
- travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur, par exemple un changement de menuiseries, une modification de façade ou une clôture : autorisation de l'assemblée à la majorité de l'article 25 b, avec la passerelle de l'article 25-1 ;
- extension ou construction nouvelle dans un jardin commun, y compris à jouissance privative : le droit de construire dans les cours, parcs ou jardins communs est réputé accessoire aux parties communes (article 3), et son utilisation suppose une décision de l'assemblée ;
- appropriation d'une partie commune : double majorité de l'article 26, selon service-public.gouv.fr ;
- refus de l'assemblée sur une autorisation de l'article 25 b : possibilité de saisir le tribunal judiciaire, qui peut autoriser les travaux d'amélioration (article 30).
Les alternatives : scission ou association syndicale
Lorsque l'ensemble comporte plusieurs bâtiments et que la division de la propriété du sol est possible, l'article 28 organise la scission de la copropriété en syndicats distincts, voire la sortie d'un ou plusieurs lots. Pour des maisons séparées, la scission peut aboutir à des propriétés autonomes, les éléments restés communs étant alors gérés par une autre structure.
Cette structure est le plus souvent une association syndicale libre, régie par l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires. L'article 1er II de la loi de 1965 réserve justement le cas d'une convention mettant en place une organisation dotée de la personnalité morale. Le passage d'un régime à l'autre se prépare avec un notaire et un géomètre-expert, car il touche au titre de propriété de chacun.
Ce qu'un agent IA prépare pour le gestionnaire
Dans une copropriété horizontale, le gestionnaire passe beaucoup de temps à relire le règlement pour savoir si un jardin, une allée ou une façade est privatif, commun ou commun à jouissance privative. Un agent IA sur mesure, déployé dans votre cabinet, extrait du règlement et de l'état descriptif la qualification de chaque élément, lot par lot.
Exemple de livrable reconstitué pour une demande d'extension de 20 mètres carrés dans un jardin à jouissance privative : une fiche rappelant que le jardin est une partie commune au sens de l'article 6-3, la clause du règlement qui le concerne, la majorité proposée avec ses références, la liste des pièces à demander au copropriétaire (plans, descriptif, autorisation d'urbanisme envisagée, attestation d'assurance de l'entreprise) et un projet de résolution prêt à relire.
Le gestionnaire vérifie la qualification et la majorité retenues, et sollicite un avocat ou un notaire en cas de doute. Le diagnostic gratuit de DIAA se fait en cinq minutes en ligne pour repérer les tâches de votre cabinet qui se prêtent à cette préparation.
Questions fréquentes
Une copropriété horizontale a-t-elle besoin d'un syndic ?
Oui, dès lors que la loi de 1965 s'applique. L'article 17 confie l'exécution des décisions de l'assemblée à un syndic, qui peut être professionnel ou bénévole.
Puis-je agrandir ma maison sans l'accord des autres copropriétaires ?
En général non. Si l'extension touche les parties communes, l'aspect extérieur ou un jardin commun, même à jouissance privative, une autorisation de l'assemblée est nécessaire, en plus de l'éventuelle autorisation d'urbanisme.
Quelle différence entre copropriété horizontale et lotissement ?
Dans un lotissement, chaque acquéreur est pleinement propriétaire de sa parcelle, et les équipements communs sont souvent gérés par une association syndicale. En copropriété horizontale, chaque lot comporte une quote-part de parties communes et la loi de 1965 s'applique, sauf convention mettant en place une organisation dotée de la personnalité morale.
Est-il possible de sortir d'une copropriété horizontale ?
Des voies existent : la scission de l'article 28 lorsque la division du sol est possible, ou la mise en place d'une association syndicale. Ces opérations modifient les titres de propriété et se préparent avec un notaire et un géomètre-expert.
Et concrètement, pour votre cabinet ?
Notre agent de diagnostic identifie vos 3 gisements IA prioritaires en 5 minutes, gratuitement et sans rendez-vous.
Faire le diagnostic gratuitÀ lire ensuite
Travaux d'un copropriétaire sur les parties communes : autorisation de l'article 25 b et travaux sans autorisation
Travaux d'un copropriétaire sur les parties communes : vote à l'article 25 b, article 26 si appropriation, accessibilité 25-2, remise en état, prescription.
Scission de copropriété : l'article 28, la majorité, les conditions et la division en volumes
Scission de copropriété selon l'article 28 de la loi de 1965 : plusieurs bâtiments, sol divisible, majorité de tous les copropriétaires, dettes, volumes.
Mise en conformité du règlement de copropriété avec la loi ELAN : ce qu'il reste à faire depuis la loi 3DS
Loi ELAN, article 209 II et loi 3DS : parties communes spéciales, jouissance privative, lots transitoires, majorité, ordre du jour et rôle du syndic.